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AKTIS PARTNERS a donné la parole à Xavier Carette

« L'avenir n'est jamais que du présent à mettre en ordre. Tu n'as pas à le prévoir, mais à le permettre. ", telle serait la devise de Xavier Carette, empruntée à Saint-Exupéry. Véritable touche-à-tout chevronné du monde de l’entreprise, ce dernier est aujourd’hui coach et consultant professionnel. Aktis Partners a souhaité lui donner la parole sur sa vision du management et des grands bouleversements à l’œuvre. Un éclairage passionnant … et philosophique !


Votre parcours est riche en expériences et en rencontres. Depuis 2016, vous épaulez autrui à trouver leur voie et devenir « la meilleure version d’eux même ». Est-ce une suite logique dans votre parcours ?

Logique ? je ne sais pas (sourire), en tout cas les changements ont toujours fait partie intégrante de ma vie. Voulus ou non, d’ailleurs ! Tour à tour entrepreneur, salarié, freelance, manager dans de grandes entreprises, et même professeur de ski nautique, j’ai aussi été limogé en 15 minutes, au chômage pendant deux ans et suis retourné sur les bancs de l’école à 48 ans ! En bref, des occasions précieuses d’en apprendre beaucoup sur moi… Mais l’humain et ses ressorts psychologiques m’ont toujours animé : qu’est ce qui va déclencher un achat, une adhésion ? Comment gérer une crise ? Répondant à un besoin de plus en plus croissant, j’accompagne aujourd’hui chefs d’entreprises, étudiants et jeunes actifs à trouver leurs propres solutions mais surtout à identifier leurs besoins. Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, les matérialiser n’est pas chose aisée, et nombreux sont ceux qui franchissent mon cabinet sans en appréhender réellement les contours. Les problématiques, à l’image de mes clients sont diverses : du questionnement professionnel, en passant par la reconversion, la recherche d’emploi, le travail sur la confiance en soi ou la gestion de ses émotions font partie des sujets phares…


La frontière est-elle poreuse entre psychologie et coaching ?


« Ce que je fais et ce que je suis » sont intrinsèquement liés et indissociables. Loin de m’apparenter à un professionnel de santé, qui lui, va gérer un mal plus profond, mon rôle est de travailler sur les ressorts psychologiques : la façon dont on s’apprécie mais aussi la relation que nous établissons avec les autres. Tous uniques, nous avons chacun notre cadre de référence, nos prismes, besoins et envies divers, et toute la complexité de l’être humain réside dans la communication et ses interprétations.


Y-a-t-il parfois une dichotomie entre un individu au bureau et à la maison ?

Tout à fait. Le propre de l’humain, et c’est universel, c’est d’être conditionné depuis l’enfance par l’idée de vouloir plaire. Plaire à ses parents, à ses professeurs, à ses amis… si bien que l’on adopte des comportements inconsciemment liés au principe de « récompense », ou au contraire de « punition ». De manière plus au moins exacerbé, on passe notre vie à porter des masques qui doivent correspondre aux attentes de l’autre. Et c’est parfois un piège : car qui suis-je au fond ?


La connaissance de soi est-elle alors le chemin vers le bonheur ?


La nuance est cruciale : « comment savoir ce que je veux, si j’ignore qui je suis ? » cette question paraît simpliste mais elle est fondamentale, et certains passent à côté d’eux toute leur vie… Souvent, nous connaissons mieux nos défauts que nos qualités. C’est la triste réalité du système éducationnel qui nous a toujours conditionné à les corriger. Je dirais que c’est aussi une affaire de mentalité. Alors qu’en France il est mal perçu d’afficher ouvertement ses forces, la culture américaine, elle, en a un fait un mantra qui rejaillit en entreprise. Sans tomber dans un discours un peu « fleur bleue », nous arrivons tous sur terre avec une mission et il est préférable d’éclairer les autres avec sa lumière, ses forces, plutôt qu’avec sa part d’ombre. En clair : il est judicieux de murir ses qualités plutôt que de travailler de manière acharnée sur ses défauts. Un état d’esprit positif qui amène joie, énergie et enthousiasme !


Quels sont les écueils que vous constatez régulièrement chez les dirigeants ?


Indéniablement, les notions d’écoute et d’assertivité ! En entreprise comme ailleurs, rare sont les gens à pratiquer « l’écoute active ». En réalité, nous écoutons dans le but de répondre et non de comprendre, gage d’une communication parfois biaisée. Alors que mon interlocuteur expose son idée, je suis déjà en train de préparer mon argumentaire et j’ai inconsciemment perdu la connexion avec l’autre. Et cerise sur le gâteau : la « friture sur la ligne » rend l’interprétation complexe et ô combien subjective. Entre la manière dont les faits sont présentés, la façon dont je les comprends, la manière dont j’y réponds et dont je m’en souviens… il y a parfois un fossé ! La bonne écoute est celle qui consiste à poser des questions, à reformuler, en évitant l’écueil d’y répondre à brûle-pourpoint. Un réflexe où l’émotion est reine mais parfois mauvaise conseillère… Et c’est quelque part à l’image de notre société : des plateaux télévisons en passant par les réseaux sociaux, l’heure est à la réaction, à l’urgence, au sensationnel…


Selon vous, comment donner du sens à son travail ?


Il est important de préciser que les motivations sont multiples et qu’il n’en existe pas une meilleure qu’une autre. Mieux, elles sont aussi amenées à évoluer. Certains se lèvent le matin réjouis à l’idée de retrouver une équipe sympa, ou un sujet qui les bottent. D’autres sont habités par les challenges qu’offre leur job, très à cheval sur le dépassement de soi. Enfin, la question de l’argent a aussi sa place : le travail se veut alimentaire ou au contraire un leiv motiv de premier ordre…

Donner du sens, c’est faire en sorte que ce que je fasse corresponde à mes besoins !


Crise sanitaire et économique, isolement et pertes humaines, le monde se remet petit à petit des stigmates de la crise sanitaire. Que retenir de ce séisme qui s’est invité dans nos vies et par extension dans le monde professionnel ?


Depuis la nuit des temps, l’histoire nous a enseigné que du chaos naissait irrémédiablement des changements. Guerres, catastrophes naturelles, révolutions, nous allons toujours dans le sens d’une remise en question, sans jamais opérer de retour en arrière. Et c’est aussi le cas avec le Covid qui a touché de plein fouet le monde de l’entreprise. Il a fallu prendre des décisions dans la précipitation et cela nous prouve d’ailleurs que l’être humain est capable de s’adapter aux situations inédites et incroyables ! Mais on ne va pas se mentir, le 100% télétravail a parfois donné lieu à des ratés et engendré isolement, burn out et même harcèlement. Et c’est normal. Passé ce stade très émotionnel, dans la « réaction », et qui fait appel aux reflexes de notre « cerveau reptilien », l’heure est aujourd’hui à la réflexion, à la lumière des erreurs qui ont été commises. On peaufine, on ajuste. Preuve en est, de nombreux accords en entreprises ont depuis vus le jour autour de ces nouvelles formes de travail.


Ces évènements ont-ils modifié votre approche du métier de coach ?


Durant ces confinements à marche forcée, beaucoup de mauvaises croyances et doutes se sont installés chez les managers. « Pourquoi certains ne branchent-ils pas leur camera en visio ? Comment surveiller la production de mes salariés ? Comment créer du lien derrière un écran ? » » tant d’interrogations qui ont parfois semé un vent de panique, pour des raisons évidentes… Face à la démocratisation de ces nouvelles formes de travail, j’ai dû revoir toute l’ingénierie pédagogique de mes formations au management. Parce que le propre de l’humain est de regarder instinctivement les freins, je suis là pour leur donner les clés et prouver que le télétravail n’a pas de que des désavantages, bien au contraire. Organisationnel, humain ou en termes de performance et de créativité, la flexibilité, si bien organisée, fait le bonheur de tous. Un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, si précieux !


Quels sont alors les contours de ce nouveau type de management ?


Il sera davantage tourné sur le travail collaboratif, en donnant la part belle à l’intelligence émotionnelle. Moins de contrôle, mais plus de confiance accordée au collaborateur dans l’accomplissement de ses tâches. Le management directif doit quant à lui substituer au même titre que le rôle de pilotage car c’est bien le leader a qui revient la mission d’insuffler une vision et transmettre une consigne. Étant par essence hétéroclite, le capital humain d’une entreprise a aussi besoin d’un cadre objectif afin d’assurer une bonne cohésion, un bon fonctionnement. Aujourd’hui, la QVT a le mérite de remettre la notion d’équilibre en ligne de mire : bien au-delà du jargon à la mode, un juste équilibre est fondamental à la condition humaine, qu’il soit alimentaire, psychologique, amoureux… C’est dans cette optique que le travail de demain sera hybride. On ne se sera jamais tous en distanciel…



Plus qu’un simple concepteur et aménageur d’espaces, AKTIS PARTNERS se place en véritable coach pour accompagner la conduite du changement d’une entreprise. Comment cela se reflète-t-il ?


Lorsqu’on touche à l’espace de l’être humain, cela engendre inévitablement de vives réactions. Car il s’agit bel et bien de l’histoire de l’humanité, de ses territoires en guerre, de ses frontières changeantes… jusqu’à la conquête de l’espace entamée il y a 52 ans. Mais cela transparaît aussi dans le milieu de l’entreprise où chacun a ses petits repères : en bousculant l’espace d’un collaborateur, on fait vaciller son besoin de sécurité, un facteur impérieux après les besoins dits physiologiques. Une réaction primaire est alors à l’œuvre qui se traduit par des résistances mais surtout la peur de perdre ses acquis ! C’est ici que Aktis Partners doit embrasser son rôle de coach en faisant s’exprimer au mieux l’entreprise, et ceux qui la composent. Elle doit y répondre avec clarté, empathie et pédagogie. Qu’il s’agisse d’un changement de siège, ou un simple réaménagement des espaces, les problématiques ne sont pas exclusivement techniques et architecturales. Penser qu’il s’agisse uniquement de mètres carrés et de rentabilité est un leurre. Dans cette logique, Aktis Partners doit avant tout attirer l’attention de son partenaire sur la symbolique importante des espaces : l’endroit où ses collaborateurs réfléchissent, les pièces ou ils se ressourcent, l’endroit où ils peuvent échanger et créer du lien… tant de lieux qui concourent au bien-être et qui jouent sur la performance de l’entreprise. Concilier le technique, les experts du bâtiment, à l’approche humaine sont les clés d’une conduite du changement réussie. La force d’Aktis ? Son équipe pluridisciplinaire !


Un adage qui vous tiendrait à cœur ?


« La folie, c’est d’attendre un résultat différent en faisant les choses de la même manière » disait Einstein. Une déclaration d’amour à l’innovation et la remise en question. Il était bien placé pour en parler n’est-ce pas ? (Rires

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